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BIOGRAPHIE Albert CAMUS
6 octobre, 2007, 14:07
Classé dans : ARCHIVES

Vous trouverez ci-dessous la bioraphie d’Albert CAMUS ainsi que les fiches de lecture utilisées au cours de la lecture publique du 4 octobre  :

  camusml.jpg

La vie d’Albert Camus 

1913 : Naissance, le 7 novembre, d’Albert Camus à Mondovi, petit village du Constantinois, près de Bône (Algérie).
1914 : Camus ne connaîtra pas son père, ouvrier caviste : Lucien Camus, mobilisé et blessé à la bataille de la Marne en septembre 1914, meurt à l’hôpital militaire de Saint-Brieuc à l’âge de 28 ans : de son père, il ne connaîtra qu’une photographie, et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d’une exécution capitale. Albert Camus, élevé par sa mère mais surtout par une grand-mère autoritaire, et par un oncle boucher, lecteur de Gide, « apprend la misère » dans le quartier populaire de Belcourt, à Alger où ils ont émigrés : « La misère m’empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l’histoire ; le soleil m’apprit que l’histoire n’est pas tout. » Sa mère, Catherine Sintès, d’origine espagnole, fait des ménages pour nourrir ses deux fils, Lucien et Albert. Camus éprouve pour pour elle une affection sans bornes, mais il n’y aura jamais de véritable communication entre l’enfant et cette mère exténuée par le travail, à demi-sourde et presque analphabète. À sa mère qui parlait peu et difficilement, « qui ne savait même pas lire », le lie « toute sa sensibilité » ; on peut penser qu’une partie de l’œuvre s’est édifiée pour tenter d’équilibrer cette absence et ce silence, ou de leur répondre.
 

Camus est un adolescent heureux de vivre, sensuel, amoureux de la mer et des paysages algériens. Excellent nageur, c’est pourtant le football qui a sa préférence. On retrouvera d’ailleurs ce plaisir, cette description du corps sportif dans certains passages de « la mort heureuse » 

1928 : il entre au Racing Universitaire d’Alger
1929 : Camus lit Gide
1930 : Il passe son baccalauréat. Premières atteintes de la tuberculose, maladie qui lui fait brutalement prendre conscience de l’injustice faite à l’homme ( la mort est le plus grand scandale de la création ) et qui aiguise son appétit de vivre dans le seul monde qui nous soit donné : dès sa première manifestation, la maladie lui apprend qu’il est seul, et mortel.
1931 : A la khâgne ( = Classe préparatoire à l’Ecole normale supérieure) d’Alger, il rencontre le professeur et philosophe Jean Grenier qui a une influence déterminante sur sa formation.

1932 : Premiers essais, premiers écrits publiés dans la revue Sud.
1933 : Étude de philosophie à la faculté d’Alger. Milite contre le fascisme.
1934 : Mariage en juin avec Simone Hié. Ils se sépareront deux ans plus tard. Adhésion au parti communiste.
1936 : Camus ayant achevée sa licence de philosophie, il prépare son diplôme d’études supérieures sur « les rapports du néoplatonisme et de la métaphysique chrétienne ».
1937 : La tuberculose, qui le contraindra à de fréquents repos en cure, lui ferme l’accès à l’agrégation (il est rejeté deux fois à l’examen médical) et du professorat auquel il se destinait. Il doit rompre avec le parti communiste qui le somme de réviser ses convictions, favorables aux revendications musulmanes. 
L’apprentissage du réel se fait avec difficulté, comme le prouvent ses tout premiers écrits consacrés au « quartier pauvre » – dont certains ont été publiés de manière posthume – mais aussi avec la « joie profonde » d’écrire. Les récits mi-autobiographiques, mi-symboliques de L’Envers et l’Endroit disent qu’« amour de vivre » et « désespoir de vivre » sont inséparables, que tout notre « royaume est de ce monde », affirment la pleine conscience de la solitude de l’homme, le tragique de son face-à-face avec la nature, et la volonté de « tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort ». Camus livre quelques clés essentielles de son univers. L’Envers et l’Endroit est une série d’essais littéraires variés où apparaissent déjà les grands thèmes de sa maturité : la mort, le soleil, la Méditerranée, l’isolement, le destin de l’homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc.
Élaboration de son premier roman, La mort heureuse (1936 – 1939), roman resté inédit jusqu’en 1971, 

1936/1939 – Fondateur et directeur de troupe (Camus a fondé le Théâtre du Travail en 1936, afin de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée du public défavorisé, qui deviendra le Théâtre de l’Equipe en 1937), acteur, metteur en scène, adaptateur, Camus est un homme de théâtre au sens plein ; son goût passionné du théâtre, dans ce qu’il a de plus concret, rejoint celui de la fête collective, où l’être peut dépasser sa solitude et forme une des constantes de sa vie et de son œuvre, attestée par ses créations originales, et ses magistrales adaptations, comme Le temps du mépris de Malraux, le Prométhée d’Eschyle, Les bas-fonds de Gorki, Le retour de l’enfant prodigue de Gide, Les frères Karamazov de Dostoïevski, mise en scène en 1938, dans l’adaptation de Copeau, etc. Rédaction collective d’une pièce militante, Révolte dans les Asturies. Tournées en Algérie. 

1939 : Publication des Noces (essai) : Plus lyriques, les essais de Noces orchestrent ces thèmes qu’ils inscrivent avec bonheur dans les paysages méditerranéens ; ils chantent la « gloire d’aimer sans mesure », la contemplation exaltée du monde, la vérité du soleil, de la mer, de la mort. La présence d’une subjectivité vivante, d’un « je » qui décrit ou médite, évite toute abstraction, et ouvre la voie aux personnages-narrateurs des romans, et au « je » des textes philosophiques.

1938/1940 : Camus, qui revendique son statut d’intellectuel, mais qui se veut également en prise directe avec le réel, trouve dans le journalisme un autre mode d’action et d’expression qui lui convient ; Camus fonde, avec Pascal Pia qui en est l’instigateur, le journal Alger républicain qui aussitôt tranche avec le silence complice des autres quotidiens. Camus fait scandale par ses prises de position contre l’oppression coloniale, contre une tutelle qui maintient dans la misère et l’asservissement du peuple musulman, il publie, dans les colonnes d’Alger républicain , puis de Soir républicain, organe du Front populaire, plus de cent articles : politique locale ou nationale, chroniques judiciaires et littéraires, reportages, dont l’important « Misère de la Kabylie 

1940 : Camus quitte l’Algérie pour la France avec sa seconde épouse ; mis à part un long séjour l’année suivante, il n’y reviendra plus que de loin en loin, mais les images lumineuses qu’il garde de sa terre natale continueront de vivre en lui, comme le montre L’Été (1954). Là, il est engagé au journal Paris-Soir en tant que secrétaire qu’il suit à Clermont-Ferrand après l’armistice, puis Lyon 

1941 : Entre dans la Résistance à l’intérieur du réseau Combat où il sera chargé de missions de renseignements. Il sera l’âme de ce journal clandestin dont il assume la direction jusqu’en 1947 .
1942 : Publication de L’étranger ( 15 juin ) et du Mythe de Sisyphe ( 16 octobre ) qui salue la naissance d’un grand écrivain. 

http://www.dailymotion.com/video/x1z8xr

1943 : Rencontre avec Sartre. Camus devient lecteur chez Gallimard. Publication clandestine des premières Lettres à un ami allemand. Première version de La Peste.
1944 : Le Malentendu (théâtre)
août 1944 : Camus devient le rédacteur en chef du journal Combat. Les articles très remarqués qu’il publie désormais seront rassemblés sous le titre d’Actuelles (1950 et 1953).
1945 : Camus dénonce la paix revenue, la sauvagerie de la justice sommaire d’après-guerre (à l’encontre des ex-ou soi-disants collaborateurs) et les massacres de Sétif. 
Première représentation de Caligula avec Gérard Philipe.

1947 : Il dénonce les massacres de Madagascar : « nous faisons dans ces cas-là ce que nous avons reproché aux Allemands de faire ».
La cessation des activités journalistiques ne marque pas, loin s’en faut, la fin de l’engagement. Camus a toujours fait entendre sa voix et pris position dans l’Histoire, inlassablement lutté pour la justice et la défense de la dignité humaine : 

Publication de La peste ( 10 juin ), roman qui rencontre immédiatement un grand succès auprès du public et qui reçoit le prix des Critiques.
1948 : Première représentation de L’Etat de Siège
Décembre 1949 : première représentation des Justes au théâtre Hébertot.
1951 : Publication de L’homme révolté essai qui suscitera de violentes polémiques et entraînera, en 1952, la rupture de Camus avec la gauche communiste, avec Sartre et sa revue, Les temps modernes. Sartre reprochait à Camus son anticommunisme
1952 : démission de l’Unesco, qui admet en son sein l’Espagne franquiste
Mai 1955-février 1956 : Camus écrit dans L’express des chroniques où il traite de la crise algérienne ( ces « papiers » seront réunis plus tard et publiés sous le titre d’Actuelles III ). 

1953 : Camus revient au théâtre, passion qui dominera toutes les dernières années de sa vie . Il traduit et adapte Les esprits (comédie de Pierre de Larivey) , La dévotion à la croix (de Pedro Calderon) qu’il présente au festival d’Angers (juin). En octobre, projetant de mettre en scène Les possédés, il travaille à l’adaptation du grand roman de Dostoïevski. 

1954 : Printemps : publication de L’été (essai). 

Premier novembre : le FLN ( le Front de libération nationale ) algérien passe à l’attaque ( meurtre de civils arabes et français). Début de la guerre d’Algérie qui fut pour Camus « un malheur personnel ».

1955 : Mars : représentation d’Un cas intéressant ( adaptation d’une pièce de Dino Buzzati ) au théâtre La Bruyère.
Avril : premier voyage de Camus en Grèce, lumineux berceau de la civilisation méditerranéenne, terre de « la pensée de midi » (conclusion de L’homme révolté ).
1956 : Protestation contre la répression soviétique en Hongrie.
22 janvier : Camus lance un appel pour une trêve civile en Algérie. Appel qui ne rencontre aucun écho. De part et d’autre, les positions se durcissent, les actes de terrorisme se multiplient, le conflit se généralise. Camus invite les intellectuels à protester à l’O.N.U. 

1956 : Mai : publication de La chute : roman insolite qui prend la forme d’un monologue dramatique, est directement inspirée par ce climat d’incompréhension et d’accusation. Mais au-delà de l’ironie et des sarcasmes de Jean-Baptiste Clamence, ce « prophète vide pour temps médiocres », cet « homme de notre temps » au « lyrisme cellulaire », qui exerce les étranges fonctions de « juge-pénitent », et, par l’aveu de sa culpabilité, veut entraîner son interlocuteur muet – ou son lecteur – à sa propre confession, Camus exprime une fois encore sa nostalgie de l’innocence et de la communion entre les êtres, dans un monde où chacun rêve de pouvoir, et où « le dialogue » a été « remplacé par le communiqué ». Cet avocat se dit coupable mais amène aussi les autres à reconnaître qu’ils sont coupables. 

22 septembre : première représentation triomphale de Requiem pour une nonne, adaptation de l’œuvre de Faulkner. 

1957 : L’exil et le royaume. (nouvelles)
Réflexions sur la peine capitale ( vibrant plaidoyer contre la violence « légale », contre la peine de mort ) en collaboration avec Arthur Koestler.
Représentation du Chevalier d’Olmedo ( adaptation de la pièce de Lope de Vega ) au festival d’Angers ( juin ). 

10 décembre : Camus obtient le prix Nobel de littérature « pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». 

 http://www.dailymotion.com/video/x435u

1958 : Parution de Discours de Suède et d’Actuelles III. Achète une maison à Lourmarin dans le Lubéron.
1959 : Représentation des Possédés de Dostoïevsky. Camus entreprend de nombreuses démarches pour donner corps à un vieux rêve : fonder sa propre compagnie théâtrale. 
4 janvier 1960 : mort d’Albert Camus dans un accident de voiture près de Sens, au lieu-dit « Le Grand Frossard » en Montereau, dans l’automobile de Michel Gallimard, en pleine gloire, alors qu’il travaillait à un autre roman à caractère autobiographique, le Premier Homme (posthume, 1994)

 1962 / 1964 : Carnets (posthume).
1971 : La Mort heureuse (première version de L’étranger ; posthume). 

« Je ne suis pas un philosophe. Je ne crois pas assez à la raison pour croire à un système » a dit un jour Camus à un journaliste qui lui demandait en 1945 si on pouvait le considérer comme un disciple de Sartre. C’est en romancier, en effet, qu’il aborde le problème de l’existence, du nihilisme, qui est pour lui le mal du siècle, auquel ni le suicide ni le meurtre ne peuvent répondre. Camus souligne l’étrangeté de l’existence – qu’il caractérise provisoirement d’absurde, à titre de point de départ. Le monde n’est pas raisonnable. C’est tout ce qu’on en peut dire. Ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. A ce constat, Camus entend « approprier » sa pensée. Et celle-ci ne sera ni négative, encore moins affirmative mais proprement problématique. Il n’a pas de réponse au pourquoi de l’existence. Le raisonnement absurde laisse cette question en suspens. Le suicide serait un renoncement à affronter le problème de l’existence. A défaut de « règles », Camus adopte des « styles ». Si la pensée absurde aboutit à une impasse (et peut-on vivre dans une impasse?), cela montre que « la vérité peut être inacceptable pour celui qui la trouve ».

La carrière de Camus est donc celle d’un psychologue et d’un moraliste. Dans son exigence de probité, avec une réserve et une sobriété toutes classiques, il accorde la première place aux idées et refuse de sacrifier à la magie du style. Pourtant ce serait une erreur de méconnaître la variété et l’exacte appropriation de son art d’écrivain. Sans doute a-t-il su nous imposer dans L’étranger et La Peste ce style neutre, impersonnel, tout en notations sèches et monotones, qui est devenu inséparable du climat de l’absurde ; mais on découvre aisément dans son œuvre des résurgences de l’aptitude poétique à traduire les sensations dans leur pleine saveur qui triomphe dans Noces (1938), un des premiers essais où avant l’amère découverte de l’absurde, le jeune Camus célébre avec fougue ses « noces avec le monde » FICHES DE LECTURES   

Le Malentendu 

Le Malentendu pourrait se résumer de la façon suivante :
Effroyable tragédie. Aidé de sa fille, une hôtelière tue pour le voler un voyageur qui n’était autre que son fils. En apprenant leur erreur la mère se pend, la fille se jette dans un puits.
Il s’agit en fait d’un article du 6 janvier 1935 publié dans L’ Écho d’Alger qui inspirera
Camus.
La pièce est représentée pour la première fois le 24 juin 1944. Elle fut jouée aux Mathurins jusqu’au 23 juillet, et fut repris après la Libération, à partir du 18 octobre. 
Le premier projet connu du Malentendu date d’avril 1941 et porte pour titre Budejovice. En novembre 1942, le titre a changé. C’est L’Exilé. Camus ,en ce moment, est en train de vivre son propre exil. Il le rappellera dans le prière d’insérer du Malentendu :
« Le Malentendu est certainement une pièce sombre. Elle a été écrite en 1943, au milieu d’un pays encerclé et occupé, loin de tout ce que j’aimais. Elle porte les couleurs de l’exil.
Je vivais alors, à mon corps défendant, au milieu des montagnes du centre de la France. Cette situation historique et géographique suffirait à expliquer la sorte de claustrophobie dont je souffrais alors et qui se reflète dans cette pièce. On y respire mal , c’est un fait. Mais nous avions tous la respiration courte, en ce temps-là. Il n’empêche que la noirceur de la pièce me gêne autant qu’elle a gêné le public. »
« Le langage aussi a choqué. Je le savais. Mais si j’avais habillé de péplums mes personnages, tout le monde peut-être aurait applaudi. Faire parler le langage de la tragédie à des personnages contemporains, c’était au contraire mon propos. Rien de plus difficile à vrai dire puisqu’il faut trouver un langage assez naturel pour être parlé par des contemporains, et assez insolite pour rejoindre le ton tragique. Pour approcher de cet idéal, j’ai essayé d’introduire de l’éloignement dans les caractères et de l’ambiguïté dans les dialogues. Le spectateur devait ainsi éprouver un sentiment de familiarité en même temps que le dépaysement. Le spectateur, et le lecteur. Mais je ne suis pas sûr d’avoir réussi le bon dosage.« La mort heureuse » Patrice Mersault, employé pauvre, fait la connaissance d’un riche infirme, Zagreus, que lui présente Marthe, leur maîtresse commune. Mersault tue Zagreus dans des circonstances qui l’assurent de l’impunité et s’empare de sa fortune. Il part en voyage, visite Prague et revient à Alger par Gênes. Là, il vit heureux en compagnie des trois  » petites bourriques », dans ‘La Maison devant le monde ». Il épouse une autre jeune femme, Lucienne, mais la renvoie bientôt. Il va s’installer seul dans le Chenoua, « à quelques kilomètres des ruines de Tipasa », dans une maison face à la mer. Il y tombe malade et meurt. Il a appris que le bonheur est volonté, et il meurt heureux. La Mort heureuse est écrite à la troisième personne, alors que son héros, par bien des traits, est proche de l’auteur. Le « il » de La Mort heureuse semble le produit d’une timidité, ou d’une maladresse narrative, puisque l’auteur est obligé de décrire les faits et gestes de Mersault, mais aussi de nous révéler ses pensées. Il est tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur de son héros. Nous trouvons dans ce livre écrit tout au début de la carrière d’écrivain une forme de condensé de tout ce que Albert CAMUS va écrire par la suite L’envers et l’endroit  L’envers et l’endroit est le premier livre d’Albert Camus. Pour la première fois, on peut lire ce nom sur une couverture. Le dépôt légal est du 10 mai 1937. Le tirage est de 350 exemplaires. Ce livre restera inconnu en France, longtemps après que Camus fut devenu un auteur célèbre. La genèse de L’ Envers et l’Endroit remonte à 1934. Sans parler du texte de 1933, Le Courage, qui est repris dans le chapitre L’Ironie. Ce qui est capital dans L’ Envers et L’ Endroit, c’est que l’on met le doigt sur le thème qui, tantôt consciemment, tantôt inconsciemment, est la racine de l’imaginaire et de l’inspiration de Camus : celui de la mère silencieuse.Dans la préface de 1958, il confie :
 » Si malgré tant d’efforts pour édifier un langage et faire vivre des mythes, je ne parviens pas un jour à récrire L’ Envers et L’ Endroit, je ne serai jamais parvenu à rien, voilà ma conviction obscure. Rien ne m’empêche en tout cas de rêver que j’y réussirai, d’imaginer que je mettrai encore au centre de cette œuvre l’admirable silence d’une mère et l’effort d’un homme pour retrouver
une justice ou un amour qui équilibre ce silence.
«  Noces » Le titre : Composé uniquement d’un substantif au pluriel, le titre révèle le parti pris d’aller à l’essentiel. Euphorique, il décrit un accord entre le sujet humain et la nature et suggère l’idée d’un instant privilégié qui invite à l’exaltation et à la célébration.  La structure : Le recueil est composé de quatre récits lyriques :
- Noces à Tipasa :
Camus visite au printemps Tipasa, un petit port situé sur le littoral à l’est d’Alger, où des fouilles ont permis de découvrir des ruines datant de l’occupation romaine. Dans cette ode à un lieu symbolique, Camus célèbre les noces de l’homme avec le monde.
- Le vent à Djémila : l’essai décrit une ville morte traversée par le vent. Contredisant la formule de Maurice Barrès (« Il est des lieux où souffle l’esprit »),
Camus évoque un lieu « où meurt l’esprit pour que naisse une vérité qui est sa négation même. » La ville romaine inspire une méditation sur la mort ainsi que sur la nécessité de « créer des morts conscientes ».
- L’Eté à Alger : la description d’Alger et de la vie des Algérois s’accompagne d’un éloge du bonheur simple qui consiste à vivre dans le présent.
- Le Désert : Évoquant les paysages de la Toscane, l’essai associe le thème du bonheur (« le simple accord entre un être et l’existance qu’il mène ») et celui de la conscience lucide chez l’homme, « la double conscience de son désir de durée et son destin de mort ». 
L’étranger 

En mai 1940, Albert Camus note dans ses Carnets : « L’ Étranger est terminé. » Il a vingt-six ans.
A partir du printemps 1937, alors que
Camus s’efforce de terminer ce qui aurait dû être son premier roman,
La Mort heureuse, apparaissent dans ses Carnets des notes concernant de façon de plus en plus précise un autre ouvrage qui, un jour, sera L’Étranger. Un roman qui ira jusqu’à prendre au premier le nom de son héros, à une lettre près : Mersault est devenu Meursault.L’ Étranger est un titre volontairement banal. Combien d’œuvres de toutes sortes, et aux sujets les plus divers, se sont appelées ainsi ! Mais ce titre, parfaitement adapté au propos de Camus, le résume en un mot. Et s’il est banal, à première vue, il annonce une œuvre tout à fait nouvelle, par le fond comme par la forme. 
Le narrateur, Meursault, employé de bureau à Alger, apprend que sa mère est morte, dans un asile. Il va l’enterrer sans larmes et trouverait hypocrite de simuler un chagrin qu’il n’éprouve pas. De retour à Alger, il va se baigner avec une jeune fille, Marie Cardona. Ils se rendent au cinéma et elle devient sa maîtresse. Meursault se lie avec son voisin de palier, une sorte de souteneur, Raymond, qui lui demande de rédiger une lettre pour lui. Invité par Raymond à passer un dimanche dans le cabanon d’un ami, au bord de la mer, Meursault s’y rend avec Marie. Deux Arabes qui avaient à se venger de Raymond les trouvent là-bas. Il y a bagarre sur la plage, et Raymond est blessé. Un peu plus tard, Meursault revoit par hasard les Arabes. Sans savoir pourquoi, il tue l’un d’eux, avec le pistolet qu’il avait enlevé à Raymond.La seconde partie, complètement parallèle à la première, raconte le procès de Meursault. Tous les événements de sa vie, que nous connaissons, sont passés en revue. Son indifférence prouve qu’il a une âme de criminel. Il est condamné à mort, refuse les consolations de la religion, et meurt en s’ouvrant « pour la première fois à la tendre indifférence du monde ». Dans une préface pour une édition universitaire américaine de L’ Étranger, Camus s’est clairement expliqué sur ses intentions : « J’ai résumé L’ Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : ‘Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.’ Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. Mentir ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne.« Meursault pour moi n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l’anime, la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. » « On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’ Étranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création.

«  Les Justes »

 Les Justes ont été créée le 15 décembre 1949, au théâtre Hébertot, dans une mise en scène de Paul Oettly, avec notamment Maria Casarès, Serge Reggiani, Michel Bouquet. La pièce fut plutôt bien reçue, encore que Camus écrive à un ami : « chaleureusement accueilli par les uns… froidement exécuté par les autres. Match nul par conséquent ». Dans le prière d’insérer, qu’il a tenu à signer, Albert Camus indique clairement ses sources et expose ses intentions : » En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au Parti socialiste-révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d’ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J’ai seulement tâché de rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai. » 

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Une généalogie à travers l’histoire de Saint Florentin
2 octobre, 2007, 7:23
Classé dans : LES CONFERENCES

C’est devant une assistance d’une trentaine de personnes que s’est tenue la conférence « Une généalogie à travers l’histoire de Saint Florentin » organisée vendredi 28 septembre par notre association . Une assistance à la fois fort impressionnée par le travail de recherche généalogique réalisé par le couple Sophie et Philippe LEBOUC, permettant de remonter jusqu’aux années 1400, mais aussi curieuse, intéressée par les informations dispensées.  Il est vrai qu’à travers l’histoire d’une famille nous avons pu parcourir celle d’une ville, de ses métiers, des ses corporations, de ses coutumes et traditions, cela par la présentation de nombreux actes, de documents d’archives.

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Une soirée  jugée passionnante pour certains qui auront fait le choix, dès la fin de la conférence, de s’inscrire pour participer aux travaux d’un groupe de recherches généalogiques au sein de l’association. Fort de neuf participants au démarrage, ce groupe ne demande qu’à prendre de l’importance. Pour toutes les personnes intéressées, celles-ci sont invitées à téléphoner au 03 86 35 28 06.

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